Transports · Train

Train Harry Potter

le Jacobite, le vrai Poudlard Express

Trois lieux se font appeler ainsi. Un seul roule vraiment, en Écosse, et il se réserve des mois à l’avance.

Un train à vapeur franchit les arches du viaduc de Glenfinnan, dans les Highlands écossais
Réponse rapide

Le train des films Harry Potter est le Jacobite, un train à vapeur qui circule en Écosse entre Fort William et Mallaig, sur la West Highland Line. Il franchit le viaduc de Glenfinnan, l’ouvrage que tout le monde reconnaît. Il ne roule pas toute l’année : la saison s’étend généralement de juin à octobre, le trajet dure environ deux heures dix par sens, et les billets d’été partent des mois à l’avance. Le viaduc se contemple aussi gratuitement, depuis un promontoire accessible en vingt minutes de marche.

  • Où : entre Fort William et Mallaig, Highlands de l’ouest de l’Écosse.
  • Quand : saison estivale et automnale, dates arrêtées chaque année.
  • Réserver : dès l’ouverture des ventes, en début d’année civile.
  • Sans billet : le promontoire de Glenfinnan, vingt minutes de marche.

Le train Harry Potter, c’est le Jacobite

Le Poudlard Express existe, il roule, et on peut y monter. Il s’appelle le Jacobite, il est tracté à la vapeur, et il circule dans les Highlands de l’ouest de l’Écosse entre Fort William et le port de Mallaig.

Rien d’une attraction de parc à thème : c’est un train touristique exploité par West Coast Railways sur une ligne bien réelle, la West Highland Line, ouverte à la fin du XIXe siècle pour désenclaver la côte ouest et acheminer le poisson vers les villes. Les rames sont d’époque, la locomotive à vapeur aussi, et le convoi partage la voie avec le trafic ordinaire.

C’est cette ligne, et surtout un de ses ouvrages d’art, que les équipes des films ont retenue pour figurer le trajet vers Poudlard. Le train qu’on voit à l’écran n’est donc pas un décor numérique posé sur un paysage : c’est un vrai convoi, sur une vraie voie, filmé en marche.

Trois lieux différents portent ce nom

Trois endroits sont couramment appelés « le train Harry Potter », et ils n’ont rien à voir entre eux. Un seul se prend.

Écosse — Fort William

Le Jacobite

Le seul qui roule et le seul qu’on peut prendre. Train à vapeur saisonnier entre Fort William et Mallaig, franchissant le viaduc de Glenfinnan. Billet daté, réservation très en amont.

Leavesden, près de Londres

Le Warner Bros. Studio Tour

La locomotive utilisée pendant les tournages y est exposée, avec une reconstitution complète du quai de la voie 9¾, wagon compris. On y monte, on s’y photographie, mais rien ne roule. Visite sur réservation.

Londres — King’s Cross

Le chariot de la voie 9¾

Un chariot à bagages encastré dans un mur du hall, sous une plaque, avec une boutique attenante. Accès libre, file d’attente parfois longue. Le décor n’a aucun rapport avec le tournage : les scènes de quai ont été filmées ailleurs dans la gare.

Le viaduc de Glenfinnan, la vraie vedette

Ce que les spectateurs retiennent des films, ce n’est pas le train. C’est la courbe qu’il décrit sur un viaduc, au-dessus d’une vallée verte, avec un loch au fond.

Le viaduc de Glenfinnan est un ouvrage d’ingénierie plus remarquable que sa carrière au cinéma ne le laisse deviner. Vingt et une arches de quinze mètres d’ouverture, trois cent quatre-vingts mètres de longueur, une trentaine de mètres au-dessus du sol au point le plus haut. Il a été construit entre 1897 et 1901 sous la direction de l’entrepreneur écossais Robert McAlpine.

Sa particularité tient au matériau. À une époque où l’on bâtissait encore les viaducs en pierre appareillée, celui-ci a été coulé en béton non armé, sans aucune armature métallique. Ce choix est généralement expliqué par les contraintes du site : pas de carrière exploitable à proximité, et un coût de transport prohibitif dans une vallée sans route. Le procédé a valu à McAlpine un surnom qui lui est resté, Concrete Bob.

Le viaduc figure sur les billets de dix livres émis par la Bank of Scotland dans une série consacrée aux ponts. Il servait déjà de décor bien avant Poudlard, et continue depuis.

Prendre le train

saison, trajet, réservation

Le Jacobite ne circule pas toute l’année. La saison s’étend grosso modo du début de l’été au milieu de l’automne, généralement de juin à octobre, avec des dates arrêtées chaque année par l’exploitant. Hors de cette période, la ligne reste desservie par les trains réguliers de ScotRail, moins pittoresques mais tout aussi panoramiques.

Le trajet demande environ deux heures dix par sens. La formule courante est l’aller-retour dans la journée : départ le matin de Fort William, un temps d’escale à Mallaig — assez pour déjeuner et faire le tour du port — puis retour en début d’après-midi. En cœur de saison, un second service circule l’après-midi.

Le vrai point de blocage

Ce n’est ni le prix ni l’horaire, c’est la disponibilité. Les ventes ouvrent en général en début d’année civile pour la saison suivante, et les billets d’été partent des semaines à des mois à l’avance — les places côté viaduc encore plus vite. Pour juillet ou août, il faut réserver le jour de l’ouverture, pas quinze jours avant le départ. Calendrier, horaires et tarifs se vérifient auprès de l’exploitant : ils sont redéfinis à chaque saison.

Le voir passer sans billet

Ne pas obtenir de place n’interdit pas de voir le train, et l’option a un avantage évident : depuis le viaduc, on ne voit pas le viaduc.

Un sentier part du parking d’accueil de Glenfinnan et monte en une vingtaine de minutes vers un promontoire qui domine l’ouvrage sur toute sa longueur. La marche est courte mais souvent boueuse, et le terrain glisse par temps humide, ce qui arrive fréquemment dans cette vallée. Des chaussures fermées ne sont pas un luxe.

Le seul élément à connaître, c’est l’heure de passage. Elle se consulte pour la saison en cours auprès de l’exploitant ou du centre d’accueil de Glenfinnan, tenu par le National Trust for Scotland. Le train ne s’annonce pas de loin et l’événement dure une trentaine de secondes. Le promontoire se garnit longtemps à l’avance en été : prévoyez une bonne heure de marge, à la fois pour vous placer et pour trouver une place de stationnement.

Le monument de Glenfinnan, au bord du loch Shiel, commémore le soulèvement jacobite de 1745. C’est de lui que le train tire son nom, et non l’inverse.

Y aller depuis la France

Fort William n’a pas d’aéroport. On rejoint généralement Glasgow ou Édimbourg par un vol direct depuis plusieurs villes françaises, puis on poursuit vers le nord-ouest.

Le plus élégant reste le train. La West Highland Line relie Glasgow à Fort William en un peu moins de quatre heures, à travers la lande du Rannoch Moor, et le trajet est en lui-même l’un des plus beaux parcours ferroviaires d’Europe. Il existe aussi un train de nuit reliant Londres à Fort William : sa desserte évolue selon les saisons, à vérifier au moment de réserver.

La voiture de location laisse plus de liberté pour combiner Glenfinnan, la route des îles et les traversées vers Skye ou les Hébrides. Elle suppose en revanche d’accepter les routes à voie unique, avec leurs aires de croisement : le temps de trajet y devient difficile à prévoir, ce dont il faut tenir compte si vous visez le passage du train à une heure précise.

Le Poudlard Express existe-t-il vraiment ?

Oui. Il s’agit du Jacobite, un train à vapeur exploité par West Coast Railways entre Fort William et Mallaig, dans les Highlands de l’ouest de l’Écosse. La ligne est réelle et ouverte au trafic ordinaire : ce n’est pas une attraction de parc à thème.

Quand le Jacobite circule-t-il ?

De façon saisonnière, du début de l’été au milieu de l’automne. Hors saison, la même ligne reste desservie par les trains réguliers de ScotRail : pas de locomotive à vapeur, mais les mêmes paysages et le même viaduc.

Comment réserver une place ?

Auprès de l’exploitant, le jour de l’ouverture des ventes si vous visez juillet ou août. Les places côté viaduc sont les premières épuisées. Reporter la réservation de quelques semaines suffit généralement à ne plus rien trouver en haute saison.

Peut-on voir le train sans acheter de billet ?

Oui, depuis le promontoire accessible par un sentier partant du parking de Glenfinnan, en une vingtaine de minutes de marche. L’argument n’est pas seulement financier : depuis le train, on ne voit pas le viaduc. Il faut connaître l’heure de passage et arriver largement en avance.

Quelle différence avec la voie 9¾ de King’s Cross ?

Aucun rapport. King’s Cross propose un chariot décoratif encastré dans un mur, en accès libre, avec une boutique. Le Warner Bros. Studio Tour, près de Londres, expose la locomotive des tournages et une reconstitution du quai. Seul le Jacobite, en Écosse, est un train qui roule.

Vingt et une arches coulées en béton nu au tournant du siècle dernier, pour acheminer du poisson vers Glasgow. Le cinéma est arrivé cent ans plus tard, et n’a rien eu à inventer.