Camping de l’Espiguette
la pointe sauvage du Grau-du-Roi
Une quarantaine d’hectares adossés au dernier grand cordon dunaire du littoral méditerranéen.
Le camping de l’Espiguette se trouve au Grau-du-Roi, dans le Gard, à l’extrémité de Port-Camargue. Avec une quarantaine d’hectares et près de mille huit cents emplacements, c’est l’un des plus vastes campings de France. Son intérêt tient surtout à ce qu’il borde : la plage de l’Espiguette, labellisée Grand Site de France depuis 2014, une dizaine de kilomètres de côte sans construction et des dunes qui montent jusqu’à une douzaine de mètres. La mer se rejoint à pied en un quart d’heure, ou à vélo en cinq minutes.
- Où : Le Grau-du-Roi, Gard, à la pointe de Port-Camargue.
- La plage : Grand Site de France depuis janvier 2014, 534 hectares protégés.
- Accès mer : accès directs depuis le camping, un quart d’heure à pied.
- À prévoir : aucune ombre sur la plage, du vent, un stationnement saturé en été.
Le camping de l’Espiguette, à la pointe de Port-Camargue
Le camping de l’Espiguette occupe la dernière langue de terre du Grau-du-Roi, dans le Gard, là où Port-Camargue s’arrête et où le sable prend le relais. Au-delà, plus rien qui soit construit : la pointe, les dunes, et la mer.
L’échelle du lieu surprend d’abord. Une quarantaine d’hectares, près de mille huit cents emplacements — l’établissement se présente comme l’un des plus vastes campings d’Europe, et les ordres de grandeur suffisent à comprendre pourquoi. On ne traverse pas ce camping en deux minutes. Les emplacements se répartissent sous les pins et derrière les haies, avec des allées qui se ressemblent et où l’on met un moment à se faire ses repères.
Cette dimension change la nature du séjour. Le vélo n’y est pas un agrément, c’est l’outil de base : pour le pain, pour la plage, pour rejoindre l’entrée. La contrepartie, c’est l’espace. Sur une telle surface, les emplacements de la périphérie gardent un vrai calme, même en pleine saison.
Une plage classée Grand Site de France
Ce qui fait la valeur de l’endroit n’est pas le camping. C’est ce contre quoi il s’adosse.
La plage de l’Espiguette a été labellisée Grand Site de France le 17 janvier 2014, quatorzième site français à recevoir cette reconnaissance. Le périmètre protège environ 534 hectares naturels et une dizaine de kilomètres de côte libres de toute construction. Sur un littoral méditerranéen bâti d’un bout à l’autre, ce genre de vide n’existe presque plus.
Le paysage tient à ses dunes. Blanches, mobiles, elles s’élèvent par endroits jusqu’à une douzaine de mètres, retenues par des oyats et des salicornes qui poussent au ras du sable. Derrière, la sansouïre camarguaise s’étire vers l’intérieur en une plaine basse et salée où l’horizon ne rencontre rien.
C’est une plage de marcheurs plus que de baigneurs pressés. Le sable descend en pente très douce, la profondeur vient tard, et l’on peut marcher longtemps vers l’est ou vers l’ouest sans croiser grand monde dès qu’on s’éloigne des accès. Le paysage s’y déroule comme un long plan-séquence : la lumière change, le trait de côte se répète, et rien ne vient l’interrompre.
Grand Site de France n’est pas une distinction décorative. Sur place, cela signifie des accès canalisés, des platelages de bois pour franchir la dune et des sentiers balisés dont on ne sort pas : un cordon dunaire se déstabilise en quelques saisons sous le piétinement.
Le phare de l’Espiguette, repère du littoral
Le phare se voit de partout, et il ne ressemble à aucun autre. Pas de tour ronde et blanche : un bloc carré, sombre, presque austère, inauguré en 1869 et conçu pour rester lisible depuis le large sur un fond de dunes claires.
Son histoire dit tout du lieu. Bâti au bord de l’eau, il s’en trouve aujourd’hui à plus de sept cents mètres. Ce n’est pas la mer qui a reculé, c’est le sable qui a avancé : les courants du golfe déposent ici depuis un siècle et demi ce qu’ils arrachent ailleurs. Le phare est devenu, sans bouger, un bâtiment de l’intérieur.
Il est classé au titre des monuments historiques depuis 2012. Ses vingt-sept mètres offrent un panorama complet sur la pointe, les étangs et la mer, mais l’accès à la tour se fait uniquement sur réservation et selon les périodes : mieux vaut vérifier auprès de l’office de tourisme du Grau-du-Roi avant de faire le déplacement pour cette seule visite.
Accéder à la plage et circuler sur place
Depuis le camping, la mer se rejoint à pied par des accès directs, en un quart d’heure environ selon l’emplacement, ou en cinq minutes à vélo. C’est le principal argument du lieu, et il tient : on descend à la plage sans prendre la voiture.
Le reste se fait à pied, par des sentiers qui traversent la dune sur des platelages de bois. Ces cheminements ne sont pas là pour le confort du promeneur mais pour la survie du cordon dunaire. Rester dessus est la seule règle vraiment importante du site.
Le parking des Baronnets, en arrière du cordon dunaire, est gratuit d’octobre à mars et payant d’avril à septembre. Piétons et cyclistes n’y sont pas soumis, et un espace est réservé aux vélos. En plein été, arrivez tôt : il se remplit vite et il n’existe pas de solution de repli à proximité.
Ce qu’il faut savoir avant de venir
Le site a trois particularités qui surprennent ceux qui le découvrent, et chacune se prépare avant le départ.
Ni arbre, ni rocher
Il n’y a rien pour s’abriter sur la plage. Un parasol qui tient au vent et de l’eau ne sont pas des accessoires ici, ce sont des conditions. Les familles avec de jeunes enfants ont intérêt à viser le début ou la fin de journée.
Le mistral avant tout
Le mistral descend régulièrement sur le delta et lève le sable au ras du sol. Une journée ventée n’est pas une journée perdue — c’est souvent la plus belle en lumière — mais elle se vit en marche plutôt qu’en serviette.
Signalée et saisonnière
C’est une tradition ancienne du site. La zone est située au-delà du phare, autorisée du 15 avril au 30 septembre, et clairement indiquée. La cohabitation ne pose aucune difficulté dès lors que chacun sait où il se trouve.
Reste la question de la saison. Le site ne se vit pas du tout de la même façon en juillet et en mai : hors des vacances scolaires, le parking respire, les accès se dégagent et la plage retrouve la solitude qui fait sa réputation. La lumière rasante du printemps et de l’automne dessine par ailleurs le relief des dunes bien mieux que le plein soleil d’août.
Pour tout ce qui touche aux tarifs, aux types d’hébergement et aux disponibilités du camping, mieux vaut s’adresser directement à l’établissement : ces informations changent d’une saison à l’autre et ne se reprennent pas de seconde main.
Autour
Aigues-Mortes, Port-Camargue et la Camargue
Aigues-Mortes est à quelques kilomètres à l’intérieur des terres : une ville close du XIIIe siècle, remparts entiers, tour de Constance, et des salins dont l’eau vire au rose selon l’heure et la saison. La route pour y aller traverse déjà la Camargue, ses étangs et ses chevaux.
Port-Camargue, juste à côté du camping, compte parmi les plus grands ports de plaisance d’Europe par sa capacité d’accueil. On peut détester l’architecture des marinas des années soixante-dix ou en apprécier la logique ; dans les deux cas, la promenade le long des pontons en fin de journée donne à voir un ballet de retours de mer et de gréements qui se rangent.
Et puis il y a la Camargue elle-même, dont l’Espiguette n’est que la lisière sud. Manades, étangs, flamants, digue à la mer : c’est un pays qu’on parcourt lentement, à vélo ou à cheval, et qui demande du temps plutôt que des kilomètres.
Où se trouve exactement le camping de l’Espiguette ?
Sur la commune du Grau-du-Roi, dans le Gard, à l’extrémité de la presqu’île de Port-Camargue. C’est le dernier aménagement avant la pointe de l’Espiguette : au-delà, il n’y a plus que les dunes, la plage et la mer.
La plage est-elle accessible directement depuis le camping ?
Oui, par des accès directs qui donnent sur le cordon dunaire. Comptez environ un quart d’heure à pied selon l’emplacement, cinq minutes à vélo. Sur un site de cette taille, le vélo est moins un agrément qu’un moyen de circulation quotidien.
Qu’est-ce que le label Grand Site de France change pour le visiteur ?
Il protège environ 534 hectares naturels et une dizaine de kilomètres de côte libres de construction. Concrètement, cela implique des accès canalisés, des platelages de bois pour traverser la dune, et l’obligation de rester sur les sentiers balisés : le cordon dunaire se déstabilise en quelques saisons sous le piétinement.
Peut-on visiter le phare de l’Espiguette ?
La montée dans la tour se fait uniquement sur réservation, et l’ouverture varie selon les périodes. Le phare, inauguré en 1869 et classé au titre des monuments historiques depuis 2012, culmine à vingt-sept mètres. Renseignez-vous auprès de l’office de tourisme du Grau-du-Roi avant de vous déplacer pour cette seule visite.
Comment se garer quand on vient à la journée ?
Au parking des Baronnets, en arrière des dunes. Il est gratuit d’octobre à mars et payant d’avril à septembre. Piétons et cyclistes n’y sont pas soumis, et un espace est réservé aux vélos. En été, mieux vaut arriver tôt : il n’existe pas de stationnement alternatif à proximité.
Un phare noir posé à sept cents mètres de la mer qu’il éclaire, et derrière lui dix kilomètres de sable que personne n’a bâtis. Sur cette côte-là, c’est presque une anomalie.